Le Groupe de contact de l’Accord de Reuilly, réunissant les quatre Églises anglicane de Grande-Bretagne et d’Irlande, ainsi que les Églises luthérienne et réformée françaises, s’est réuni à Londres du 14 au 16 octobre 2026 pour célébrer le vingt-cinquième anniversaire de l’Accord de Reuilly. Le Groupe a été particulièrement reconnaissant au révérend chanoine William Gulliford, vicaire de l’Eglise Saint Marc, Regent’s Park, pour son hospitalité et son accueil particulièrement généreux, et sa préparation minutieuse tout au long de la visite.
Sous la co-présidence de l’évêque Dr Robert Innes et du pasteur Dr Christian Baccuet, la rencontre a réuni des représentants de l’Église d’Angleterre, de l’Église du Pays de Galles, de l’Église Protestante unie de France (EPUdF) et de l’Union des Églises Protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL), ainsi que des représentants et observateurs de l’Église d’Écosse, de la Fédération Protestante de France et du diocèse en Europe.
L’un des temps forts fût la célébration de l’anniversaire de l’Accord de Reuilly au palais de Lambeth, le mercredi 14 octobre. Les membres assistèrent aux vêpres dans la chapelle, suivie d’une réception et d’un dîner organisé par le Nikaean Club [https://nikaeanclub.org.uk/]. Le message à l’assemblée de l’archevêque de Cantorbéry, Sarah Mullally, souligna l’importance de la relation Reuilly et l’importance de l’amitié durable et du témoignage commun entre les Églises. La pasteure Stéphanie Ferber, inspectrice de l’UEPAL, répondit au nom des Églises protestantes françaises. En signe d’amitié et de communion une croix huguenote fut remise à l’archevêque par le pasteur Dr. Christian Baccuet.
Signé en 2001, l’Accord de Reuilly a établi une relation de reconnaissance mutuelle et de coopération entre quatre Églises anglicanes et les autrefois quatre Églises françaises des traditions luthérienne et réformée, désormais unies respectivement au sein de l’UEPAL et de l’EPUdF. Tout en affirmant un accord fondamental de foi, une compréhension commune de la nature et du but de l’Église ainsi qu’une convergence sur l’apostolicité de l’Église et du ministère, l’Accord reconnait les divergences persistantes sur l’apostolicité, la surveillance et la succession épiscopales historiques qui empêchent l’interchangeabilité entière des ministères ordonnés.
Dans ce contexte théologique, le Groupe de contact a imaginé comment la relation Reuilly pourrait être renouvelée pour l’avenir : la mise à jour des noms des Églises participants à l’Accord, la révision des « Termes de référence » (= les règles intérieures), la composition du Groupe, ainsi que des réflexions sur des arrangements de jumelage existants et de partenariats locaux. Les membres ont souligné l’importance de garantir que l’Accord continue de trouver une expression pratique dans le culte, la mission et la vie commune des Églises participantes.
Le programme de ces journées explorait également l’histoire et la vie contemporaine du protestantisme français à Londres. À l’Église protestante française de Soho, les membres furent reçus par des représentants du Consistoire (= conseil presbytéral). Thibault Lavergne, président du Consistoire, accueillit le Groupe, aux côtés de Bénédicte Fougier, vice-présidente du Consistoire, qui présenta l’histoire et la vie actuelle de la communauté, incluant une visite de sa bibliothèque et une introduction à sa charte historique.
Le révérend Andy Buckler, ancien secrétaire national pour l’évangélisation et la formation de l’EPUdF, et aujourd’hui vicaire de St Barnabas à Kensington, est intervenu sur les opportunités et défis du ministère à travers les traditions protestantes françaises et anglicanes.
Le Groupe visita ensuite Notre-Dame de France, où les Pères maristes témoignèrent de leur étroite coopération avec la communauté protestante française, notamment dans leur travail auprès des réfugiés. Les membres furent accueillis par le révérent chanoine Thomas Woodhouse à la chapelle de Savoie (qui entretient des liens historiques avec la communauté protestante de Londres), afin d’assister à une conférence de Nick Baines, ancien évêque de Leeds, au sujet de « La réinvention de l’Europe ». S’ensuivit une conversation qui explora le témoignage public des Églises dans un contexte européen marqué par l’incertitude politique et la fragmentation sociale, ainsi que la contribution des relations œcuméniques à la réconciliation et à la compréhension mutuelle.
La visite du Groupe de l’Accord de Reuilly a été enrichie par le culte et la fraternité tout au long de son séjour. La rencontre s’est ouverte par une Eucharistie à l’église Saint-Marc, à l’occasion de la fête anglicane de Saint Édouard le Confesseur, célébrée et prêchée par l’évêque Robert Innes. Les membres purent entendre un choeur à l’abbaye de Westminster, après quoi ils furent invités par le révérend chanoine Dr Jamie Hawkey, chanoine théologien de l’abbaye, à une réception de l’Association anglicane et orientale des Églises (AECA). Une opportunité bienvenue pour une fraternité œcuménique étendue.
La réunion s’est conclue vendredi par la prière du matin et une célébration bilingue de la Sainte Communion selon le Book of Common Prayer, commémorant les martyrs de la Réforme anglaise Nicholas Ridley et Hugh Latimer.
Lors de sa dernière séance de travail, le Groupe est revenu sur les célébrations de cet anniversaire, travaillé son rapport de l’événement et examiné les priorités pour les suites de travail. Les membres ont réaffirmé leur engagement à approfondir la communion entre les Églises participantes par une coopération pratique et une discussion théologique qui prolongera les questions d’apostolicité, d’épiscopat et de ministère ordonné dans un monde en mutation, de plus en plus fragmenté.
Prochainement, des représentants des Églises Reuilly seront invités à participer à la prochaine Conférence théologique de Meissen, réunissant l’Église d’Angleterre (CofE) et l’Église évangélique d’Allemagne (EKD), qui se tiendra à Cambridge du 5 au 8 avril 2027. Cette conférence sur l’épiscopat, le ministère triple et l’apostolicité permettra d’explorer des questions communes entre les relations Reuilly et Meissen et de situer ces deux accords dans un parcours vers une unité pleine et visible.
Le Groupe de contact pour l’accord de Reuilly se réjouit de se réunir à nouveau en 2027 en France, sous l’égide de l’UEPAL.